INTRODUCTION
I.
ETUDES
DES PERSONNAGES
II.
APPRECIATION
DU STYLE DE L’AUTEUR
CONCLUSION
INTRODUCTION
Le roman négro-africain d’expression française, à partir de
1970, a amorcé la tendance du désenchantement. Autrement dit, les écrivains
africains ont commencé par dénoncer les pouvoirs dictatoriaux sous toutes les
formes ; par rendre publics les régimes politiques qui compromettent
l’édification de sociétés africaines prospères. On peut citer entre autres Le
Cercle des tropiques d’Alioum Fantouré, La vie et demie de Sony Labou Tansi,
Les Soleils des indépendances d’Ahamadou Kourouma. C’est ainsi qu’en 1987,
l’écrivain béninois Jean Pliya, véritable observateur de la période
révolutionnaire au Bénin a écrit Les Tresseurs de corde. Dans cet ouvrage, il a
mis à nu les atrocités qui avaient alimenté le régime au pouvoir en cette
période. Mon travail consistera alors à aborder d’une part la politique dans
cette œuvre et d’autre part l’esthétique de l’écriture.
III.
ETUDES DES PERSONNAGES
L`ouvrage regorge de nombreux personnages qu`on
pourrait repartir en deux catégories. D`abord les citadins que Trabi fréquente
lorsqu`il était en ville à savoir : Djohodo, Fioga, Ayanou, Etinkpon qui
portent la plupart les noms du Sud Benin .Ensuite viennent ceux dont les noms
se rapprochent de l`ethnie Bariba : Ensuite viennent ceux dont les noms se
rapprochent de l`ethnie Bariba : Yabake, Boni-Kisa, Ba-Boussa, Myriam,
Marouk, Kotiayi, Idriss
Triabi : Il
demeure le personnage principal de l`œuvre .C`est un jeune homme de la
trentaine environ, finement muscle, allure spatiale et élégant. En un mot, ce
personnage se présente comme un intellectuel naïf totalement acquis aux causes
de la révolution Bokelienne. Mais les réalités du monde rural lui permettent
de se rendre compte de la différence entre les grands discours révolutionnaire
dont on observe le peuple et la misère quotidienne dans laquelle il vit.
Fioya : Président
de la république de Bokeli, Chef du parti victorieux. On y note une adéquation
entre le nom et le personnage et ses fonctions :<<Le roi des
rois>>
Ayanou : Cousin de
Trabi, manœuvre dans une société d`Etat. Le nom signifie <<Tu as la langue
trop légère >> (Page 6).
Djohodo : Un
ami de Trabi qui reproche toujours à ce dernier son franc-parler.
Etinkpon :
Oncle de Trabi, il lui conseille de compter d`abord sur les pratiques occultes
en attendant les résultats de la révolution.
Toukpin : Officier de
Police, inspecteur de police politique, ami de Trabi, Toukpin signifie
<<Balle de fusil>> .c`est à dire en attendant ta victoire soit en
mesure de te protéger, tue le serpent qui te menace avec le bâton que tu
possèdes. Agis selon tes moyens.
Myriam : Sœur de Boni et de Kisa, belle, intelligente et
dévouée, elle prend soin de Trabi après son accident.
Boni : Président
du comité révolutionnaire du village
Yabake :
Mère de Boni et de Myriam, se montre bienveillante envers Trabi.
Kotiagi : Doyen
d`Age du CRL de Preketo-Tche
Assouka :
Trésorier, lieutenant responsable de la Société. C`est lui qui conduira les
soldats a la recherche de Trabi.
Tchakato :
Guérisseur traditionnel, sur noir et dangereux.
Ba-Boussa : Ancien
Chef du village qui sauve Trabi en le cachant dans un grenier.
Kisa et
Marouk : ce sont deux petits qui ont conduit Trabi au
village après son accident. Ils ont également aide Trabi durant tout son séjour
au village avant la mort de Marouk.
IV.
APPRECIATION DU STYLE DE L’AUTEUR
Dans cet ouvrage, Jean Pliya a utilisé beaucoup de figures de
styles. A la page 46, Kotiagui pour mettre ses compagnons en garde contre la
tentation de renoncer à leur culture endogène affirme : « La révolution, c’est
comme la femme. Même si elle est très bonne, il faut faire attention avec
elle.» Dans cette déclaration, on aperçoit clairement l’usage de la
comparaison. Cette même figure de style se retrouve aux pages 69- 70 dans les
phrases : « ... Jamais, la sœur de Boni Yériba ne recueillera la semence d’un
inconnu comme un champ sans propriétaire que n’importe qui peut cultiver à sa
guise, comme la jarre d’eau au bord du chemin offert à la soif de tout venant.
». En dehors de la comparaison, Jean Pliya a aussi utilisé la métaphore dans
certaines parties de l’ouvrage. C’est le cas de « Cet étranger pond son œuf
dans mon nid », p. 65. En outre, l’auteur a utilisé d’autres figures de style
telle l’allégorie, la rhétorique.
Pour rendre encore plus vive son écriture, le narrateur a
fait recours à certains genres de la littérature orale, notamment le proverbe.
En effet, dans certaines séquences de dialogues dans l’ouvrage, plusieurs
personnages ont évoqué des proverbes pour exciter plus dans leurs idées. C’est
ce que montrent indiscutablement les passages suivants :
« Un oncle de Trabi lui ayant offert une bague de cuivre
contre les accidents de la circulation routière, les dangers de la vie
politique et les attaques des sorciers, notre héros repousse l’anneau
protecteur en objectant que « le victorisme combat ces pratiques ». et l’oncle
d’insister en disant : « En attendant que le victorisme soit en mesure de te
protéger, tue le serpent qui te menace avec le bâton que tu possèdes » p. 8
Djohodo, l’ami sincère de Trabi lui reproche son franc-
parler et sa propension à critiquer le régime en se servant d’un proverbe fon ;
« l’on a du sang dans le corps et pourtant la salive est blanche ».
Cependant, Jean Pliya n’a pas utilisé uniquement les
proverbes dans les séquences dialoguées. A la page 7 par exemple, une tante de
Trabi déclare souvent que « lorsque l’on a un parent sur le pommier, on ne
mange pas des pommes vertes ».
Des noms doués de sens et qui marquent les personnages
porteurs
L’auteur des ‘’ Tresseurs de corde’’ n’a pas uniquement
utilisé dans la littérature orale les proverbes. On retrouve aussi dans l’œuvre
des noms pleins de sens qui ont marqué les porteurs. Ainsi, nous avons ‘’
Toukpin’’ qui signifie en fon ‘’ balle de fusil’’ ; et le personnage l’ayant
porté est un inspecteur de police. De même, il y a ‘’ Ayanou’’ désignant en fon
‘’ tu as ta langue dehors’’ pour dire : ‘’ tu parles trop’’. Le porteur de ce
nom dans l’ouvrage est un cousin de Trabi qui ne sait pas du tout garder le
secret. Nous avons également le nom du Président de la République, Fioga. Ce
nom est formé de deux composantes dérivé de la langue Mina signifiant autorité.
En effet, Fio désigne roi et ga, chef. C’est donc un nom qui a, véritablement
marqué le personnage porteur.
CONCLUSION
Cette étude a porté sur Les
Tresseurs de corde de Jean Pliya. C’est un ouvrage qui, non seulement a dénoncé
les torts faites aux populations africaines, mais qui véhicule également un
message de paix. C’est ce que prouve la citation : « il faut donner pour
recevoir et recevoir pour donner » pp. 234- 235. C’est aussi un message qui
interpelle bien des pays où sévit encore la dictature. En dehors de cela, Les
tresseurs de corde, précise- t- on, regorge d’éléments fondamentaux qui font de
lui, une écriture peinte avec une esthétique notoire. Il s’agit entre autres
des proverbes, des maximes, des figures de style.
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